Mercredi 30 septembre 2009 3 30 /09 /2009 10:45

Dans le Midi Libre du 17 septembre 2009 l'interview de Mohamed Bouklit rappelait étrangement celui d’Olivier Abdou Taoumi en 2000. En effet, il reprend les concepts de la laïcité et de la République pour mener une action communautariste.
En 2000, avant les élections municipales de 2001, l'opération consistait à infiltrer "les Verts" pour faire élire des élues  communautaires et ceci avec la complicité de l'actuel porte-parole national des "Verts" qui avait besoin de ces voix, en interne des "Verts", pour se faire élire.
Aujourd’hui une opération identique se profile pour les élections régionales avec, à la manœuvre, le même porte-parole national à savoir tenir les "Verts" d'un côté et de l'autre organiser un entrisme communautaire dans "Europe Ecologie".
Avec cette stratégie,  il s'agit pour ce porte-parole de contrôler les candidat-es, aussi bien chez les "Verts" (50%) que dans "Europe Ecologie" (50%), en faisant fi des dangers communautaristes que Caroline Fourest  définit  bien dans son livre "La tentation obscurantiste" livre qui montre les connivences entre certains "Verts" avec les milieux islamistes intégristes.

Ci-dessous des extraits de l'interview de Mohamed Bouklit dans le Midi libre du 17 septembre 2009, ainsi que celui du journaliste Jacques Molénat dans le Nouvel Obs...

L'ecolo


http://www.midilibre.com/articles/2009/09/17/MONTPELLIER-Que-les-quartiers-populaires-soit-presents-922364.php5  

Élections  « Que les quartiers populaires soit présents »

POLITIQUE : Mohamed Bouklit dit incarner une force qui pourra se traduire dans les urnes aux régionales puis aux cantonales

A La Paillade vous militez pour développer la citoyenneté. Pourquoi vouloir vous engager sur le terrain politique ?
Depuis la présentation de la plate-forme citoyenne, en avril, on s'est aperçu qu'on apparaissait dans les quartiers populaires de La Paillade et des Cévennes comme une force réelle entre les réseaux clientélistes et la résignation. On nous attend sur plusieurs sujets importants, tels que le logement, l'emploi, la question palestinienne.
A quelles élections avez-vous décidé de présenter des candidatures ?
A titre individuel, sur les huitième et neuvième cantons de Montpellier, c'est-à-dire La Paillade et le Petit-Bard. On veut ouvrir une nouvelle page de notre engagement. On a un pied dans
le mouvement social et un dans le politique. Nous voulons porter les valeurs de la laïcité, de la république et de la justice sociale, à la lumière des réalités des quartiers populaires de Montpellier. On veut aussi contribuer à la refondation de la gauche sur les bases écologiques, sociales et démocratiques. Pour les Régionales, nous venons donc de rejoindre Europe écologie en tant que non vert. On veut porter cet engagement politique dans les quartiers de la région.


http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2015/dossier/a201871-vivre_ensemble_%C3%A0_montpellier.html


Extraits de l'article de Jacques Molénat

Faut-il avoir peur du «communautarisme»?

"Depuis deux ans, une nouvelle génération d’islamistes donne du fil à retordre au maire de Montpellier. Formés à l’école de Tariq Ramadan, le très médiatique philosophe et islamologue, petit-fils du fondateur des Frères musulmans, ces jeunes ont entrepris de faire entendre sur la scène publique un islam paré de toutes les valeurs. Nombre d’entre eux sont passés par l’université et manient avec autant de dextérité l’ordinateur que le «vocabulaire citoyen». En mars 2002, se présentant pour la première fois sous les couleurs des Etudiants musulmans de France (EMF), ils ont réussi une percée spectaculaire aux élections du Crous (Centre régional des œuvres universitaires et sociales). Avec 17 % des suffrages, l’EMF est devenue d’emblée la troisième force chez les étudiants des cités universitaires du Languedoc-Roussillon, raflant même, au Triolet, 65 % des suffrages.
Mohamed Bouklit, spécialiste des algorithmes et pré-parant son doctorat au laboratoire d’informatique, de robotique et de microélectronique de l’université Montpellier-II, est, depuis ces élections, administrateur EMF du Crous. Bien qu’il s’en défende, ce chercheur passe également pour être le stratège du CRI (Comité de
Réflexion et d’Innovation), un actif petit groupe néo-islamiste qui s’est beaucoup démené aux dernières élections législatives pour que Frêche, député de la 2e circonscription (la Pail-lade), soit battu. Les militants du CRI, et parmi eux des jeunes filles voilées, ont perturbé les réunions électorales du député-maire, lui demandant des excuses pour avoir publiquement critiqué les femmes en djihab. «Elles s’habillent ainsi, avait-il ironisé, pour se protéger des oreillons.» «Il a blessé nos mères et nos sœurs», se révolte Mohamed Bouklit. Sans état d’âme, les militants du CRI ont négocié leur appui à l’adversaire UMP de Georges Frêche, le professeur Jacques Domergue, obtenant de lui, tels des «pros» de la politique politicienne, des contreparties, comme des promesses d’embauches à Air Littoral.
Un réseau néo-islamiste, Vidi Vini Vici, qui se déploie sur tout l’Hexagone, affirme à propos de l’élection de Domergue: «L’UMP nous doit sa victoire la plus médiatique.» Sur le terrain, cette assertion est discutée. L’intervention du CRI aurait poussé à l’abstention des électeurs musulmans plus qu’à un vote pour Domergue. Un bon connaisseur des réseaux musulmans de la Paillade ne partage pas cet avis: «Je suis persuadé que le CRI a rapporté au moins 1200 voix à Domergue, lequel n’a planté Frêche que de 400 voix à peine…» Frêche, lui, clame qu’il a été défait par l’alliance de Domergue avec «les admirateurs de Ben Laden». Le CRI, en tout cas, ne cache pas son objectif: «Eveiller les consciences civiques des habitants populaires». Son influence s’exerce sur une nébuleuse d’associations mobilisées par la foi islamique et le soutien à la cause palestinienne. L’une des plus actives, Femmes d’aujourd’hui, menée par des militantes voilées, s’affiche féministe. Ses membres demandent aux gynécologues de la ville de cesser de donner à de jeunes musulmanes un certificat de virginité. Tous les mois une équipe distribue des repas chauds, en collaboration avec le Samu social. Le 30 mars dernier des policiers municipaux ont expulsé du marché aux puces de la Paillade des militantes de l’association qui venaient de dresser un stand dédié aux Palestiniens.
Le CRI est très proche également de l’Association culturelle et éducative de la Paillade (Acep). Cette organisa-tion, fondée en 1991, forte de 400 membres, se rattache à l’UOIF (Union des Organisations islamiques de France), le courant fondamentaliste qui a aujourd’hui pignon sur rue au Conseil français du Culte musulman. Son objectif: «Aider les fidèles à accomplir leurs devoirs religieux et à assurer l’enseignement des principes de l’islam.» Les prosélytes de l’Acep gèrent des lieux de prière, dont une salle du foyer Sonacotra, et c’est à travers la lecture de sourates du Coran qu’ils apprennent l’arabe à quelque cinquante garçons et filles. La nébuleuse néo-islamiste montpelliéraine a aussi sa dimension économique. D’entreprenants jeunes gens de la Paillade ont créé une marque alternative, Muslim Classic, déjà apparue sur des tee-shirts.
Mais cette dynamique islamiste rencontre des résistances dans la communauté musulmane même. Traducteur et médiateur d’origine algérienne, Bachir Bahak officie dans le quartier du Plan Cabanne. Il ne supporte pas la démarche qui fait de «l’affichage de l’islam» un projet politique."




Par l'ecolo
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